La nuit est blanche et froide. La neige tombe sur Bordeaux, mais nous sommes rassurés, nos Don Quichotte ne dorment pas dehors. Hier au soir, nous avons marché avec eux jusqu'à leur abri provisoire. Les passants ne pouvaient pas ne pas nous remarquer,  les sans domicile et les solidaires, les sacs à dos, les bardas, les chiens, les caméras, les journalistes. Quelle équipée! Il y a des moments comme ça, que l'on aime partager. Il faisait un froid glaçant et pas encore la neige mais on marchait tellement vite, on ne se rendait pas compte. En face de l'Athénée, Gaz de Bordeaux, un immeuble inoccupé depuis deux ans, il fait sombre, tout le monde s'engouffre par une entrée ouverte sans effraction, nous y sommes. L'Abbé est mort depuis deux jours, et à la télé certains versent des larmes de crocodile, alors qu'ils pourraient depuis longtemps trouver des solutions. Et si occuper un local vacant vous semble illégal, est-il normal de laisser dans le froid des êtres humains? La neige tombe belle et froide. Dehors c'est une vraie tempête qui cingle, gifle, griffe. Les enfants de Don Quichotte peuvent au chaud dans leur maison provisoire faire de beaux rêves...Samedi nous irons marcher avec eux pour que leurs rêves ne soient plus provisoires. Madau

par Madau publié dans : Résistance
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Urgent, rendre visible les " délogés "

 

C’est bien pour dénoncer publiquement le scandale du " délogement ", la misère et l’isolement qui en résultent, que les Enfants de Don Quichotte et leurs amis ont ouvert ces campements au cœur de l’hiver. J’ai signé la charte parisienne spontanément, sans états d’âme et j’ai passé durant ce week end, quelques heures avec ceux de Bordeaux. Visibles dans le triangle d’or, entre le manège et les chalets du marché de Noël en plein démontage, depuis vendredi une quarantaine de champignons de couleur intriguent les passants. Après il faut franchir le pas, aller jusqu’aux habitants de ce village provisoire et dont la vie souvent a basculé des non droits successifs jusqu’à la rue. Des " logés " comme Patrick, sont venus les soutenir et resteront avec eux une nuit ou plus. La solidarité s’organise doucement, les " campeurs " parlent avec les " visiteurs "de leur vie d’avant, de leur vie rêvée. Les Emmaüs ont envoyé de la soupe chaude, on nous invite à la partager. Nous sommes de tous ages, engagés ou non dans des organisations ou dans l’humanitaire mais convaincus qu’il fallait rendre visible ce que la société veut cacher, le malheur des autres qui peut être un jour notre malheur. Une femme s’approche discrètement et s’adresse à moi " je me demande si ma fille est là ". J’écoute : " elle a un petit travail dans une brasserie mais elle ne gagne pas assez pour verser la caution d’un logement et moi je n’ai pas les moyens de l’aider, elle est dans un foyer, mais je crois qu’elle ne viendra pas, elle ne voudrait pas être reconnue, dans son travail vous comprenez… ". Elle n’ira pas jusqu’aux tentes, elle a raconté son histoire et il y aura ainsi de jour des petits bouts d’histoires parfois très dures à entendre, parfois histoires sans paroles, visages marqués, corps blessés. Et puis, il y a les chiens, les chiens tendresse, les chiens que l’on n’accepte pas dans les foyers (dans les maisons de retraite non plus), des chiens que d’autres avaient abandonnés à cause de la patte cassée ou des vacances. Demain un vétérinaire a promis de venir les vacciner gratuitement et ma copine Josette de Caudéran viendra avec des boites, des croquettes, sa manière à elle d’accompagner les enfants du village et de réchauffer les cœurs de ceux qui préfèrent ne pas manger que d’abandonner leur compagnon de misère. J’ai dit misère, non je n’aurai pas du, aux allées Tourny après les lumières fragiles et factices des Noël de consommation et d’égoïsme je viens de rencontrer des trésors d’humanité. Madau

par madau publié dans : Résistance
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RALUCKA

petite roumaine de 6 ans scolarisée en CP à l'école Paul Bert de
Bordeaux risque l'expulsion d'un moment à l'autre.

Nous organisons son PARRAINAGE JEUDI 28/12 à 16h30

à la BOURSE DU TRAVAIL

Venez nombreux pour les soutenir en ces periodes de "fêtes".

Rappel des faits, après avoir reçu un avis favorable du tribunal
administratif pour annuler l'APRF de la famille, la préfecture a fait appel et cette fois, la préfecture a gagné : le 4 décembre, le tribunal administratif a confirmé l'APRF.

Et pourtant la Roumanie entre dans l'Union européenne au 1er janvier !!
Cette enfant ne parle pas le roumain mais en revanche son français est parfait et son intelligence est des plus vives.
Vendredi matin, jour dernier jour de classe avant les vacances de Noel, la
police est venue chez eux. Le grand-père, roumain, visa touriste en poche, était de garde dans l'appartement que Simona , son mari et Raluca avait fort heureusement quitté pour être logés chez des amis du comité de soutien.
Apparemment, une fourgonnette et une voiture balisée police venaient
exécuter le fameux APRF......

resf33.info

par Rédacteur collectif publié dans : Résistance
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Kazim, petit frère

L'automne s'éternise et sous les lampions d'une fête annonçée, le malheur s'installe. Il s'appelait kazim et comme tant d'autres il a tenté de vivre au pays des droits de l'Homme. Il n'avait commis aucun délit, aucun crime. Il avait 22 ans  et s'est pendu dans le centre de rétention à Canet, en France. La presse le nomme Turc, lui se disait Kurde ce qui change tout. On est loin des conversations de salon au coin des cheminées que j'aime moi aussi à mes heures, seulement voilà, cette misère morale et plus, je la connais bien et je ne l'accepte pas. Pessimiste, dites-vous, révoltée serait le mot juste, pourtant mes vingt ans sont loin et je continue de résister tant bien que mal. Madau

par madau publié dans : Résistance
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