douce-amère en maraude

Publié le par madau

Le rêve n'est pas au rendez-vous

Emilie écrit dans l'Huma. Madau écrit sur le sable...et parfois dans l'Ormée ou les Nouvelles. De Seine à Garonne, il y a un pays qui leur est commun, celui de la souffrance, de la misère. Elles ne sont ni dans la charité, ni dans la compassion, elles sont dans la révolte. Trop d'injustices, trop de destins brisés, trop de solutions "provisoires". Après les cartons au coin des rues, les tentes, et maintenant les Algéco, les garages d'Emmaüs. Tu as raison, Emilie, toi qui a trempé comme moi, ta plume dans l'encre rouge pour les sans papiers, les sans abri, "le rêve n'est pas au rendez-vous", ni sur les campements du canal Saint-Martin, ni passage de la Grange- aux Belles, ni aux allées de Tourny, ni quai Richelieu. Pourtant comment laisser tomber, comment les laisser tomber quand on a croisé des sourires d'espoir, les pieds dans la boue, les doigts tremblants de froid autour du brasero, quand on a parlé de la vie avec ceux qui ont toutes les raisons de ne plus y croire. Ils ne veulent pas être nommés SDF, ils ont un prénom, une histoire, comme toi et moi, et ils veulent vivre dignement, normalement, avec un travail, un logement. Ils ne veulent plus vivre dans une salle d'attente. Et pendant ce temps là...les candidats, enfin ceux qui ont la parole, comptent les points, additionnent les bourdes des uns et des autres, disent tout sur rien et rien sur l'essentiel et ceux qui ont des choses à dire, ont trop peu de temps pour le dire. Si la télé n'est pas à nous, si les journaux nous oublient, il nous reste la rue, les marchés, les places. A tout de suite, camarades.

http://www.humanite.fr/journal/2007-02-27/2007-02-27-846724

Publié dans Résistance

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